Centre Interdisciplinaire de Recherche « Culture, Education, Formation, Travail » (CIRCEFT) - Université Paris 8 / UPEC
Yen-Ling HSU
Directeur de thèse : Jean-Yves ROCHEX
Représentations et attitudes des familles de l’immigration chinoise à l’égard de l’école française
Résumé
Cette recherche s’inscrit dans la continuité de la recherche en Master, mais tout en essayant d’approfondir la problématique et de développer la théorie. Dans notre recherche en Master, nous avons comparé les pratiques éducatives des réfugiés du Sud-est asiatique et celles des immigrés de Wenzhou tout en comprenant le rôle des parents joué en faveur de la réussite scolaire de leurs enfants. Nous avons découvert que si les résultats scolaires des enfants sont considérés comme le fruit d’une série de facteurs complexes entre l’École et la famille, selon la conception du capital culturel développé par Pierre Bourdieu, les familles possédant plus de conditions favorables pour la scolarité ont plus de la facilité à voir leurs enfants réussir dans leur scolarité, et à contrario, celles qui disposent moins de ces conditions ont plus facilement des enfants qui répondent mal aux exigences scolaires et qui rencontrent plus souvent des difficultés scolaires. Ce qui nous intéresse, c’est entre le plus et le moins, s’il existe des « conditions minimum » au sein de la famille en faveur de la réussite scolaire. Comme des familles de Wenzhou dans notre recherche précédente, leur milieu socioéconomique et les ressources disponibles du capital culturel sont très précaires, mais cela n’empêche pas que leurs enfants connaissent une très belle performance scolaire. Est-ce grâce à la grande disponibilité des mères qui ont un échange conversationnel fréquent avec leurs enfants sur leurs expériences scolaires et sur la vie quotidienne ? Pouvons-nous la considérer comme une sorte de condition minimum familiale pour la réussite scolaire ? La recherche en thèse va continuer à approfondir cette problématique tout en adoptant la méthodologie ethnographique, c’est-à-dire en analysant les entretiens avec les parents et les professionnels de l’éducation, les observations faites en classe et au sein de la famille ainsi que les comparaisons des résultats des évaluations GS/CP. Nous voudrions préciser par ailleurs que ce n’est pas par hasard que nous choisissons les familles de Wenzhou dont l’un des enfants fréquente la grande section de l’école maternelle à Paris comme objet d’enquête. D’une part, leur précarité socioculturelle et leur situation administrativement irrégulière représentent bien l’écart significatif entre la culture familiale et la culture scolaire, et d’autre part, il existe très peu de recherches qui s’intéressent aux inégalités scolaires des élèves au niveau de la maternel. En outre, notre objet d’analyse se focalise sur la comparaison des pratiques éducatives des parents en nous référant aux résultats des recherches concernant le processus de la construction des inégalités scolaires afin d’affirmer notre hypothèse : il existe des conditions minimum en faveur de la réussite scolaire au sein de la famille. En effet, ce que nous qualifions des conditions minimum de la famille pour la réussite scolaire des enfants est de reconnaître préalablement que ce sont les familles qui répondent aux exigences formulées et décidées par l’École. Ces deux institutions éducatives peuvent partager le même système de valeurs éducatives ou être cohérentes dans leur modalité éducative, ce qui est plus souvent le cas chez les classes moyennes. Cependant, une famille de milieu populaire n’adhère pas forcément à cette consonance des institutions. D’autant plus que la famille provient d’une autre civilisation culturelle qui ne partagerait pas le même système traditionnel de valeurs éducatives. Pourrions-nous présupposer que les enfants issus de cette famille sont destinés à l’échec scolaire ? Si la réponse est négative, nous pouvons penser qu’il existerait des conditions minimum de réussite chez les familles, malgré la « culture » (au double sens du mot) est très éloignée de la culture scolaire en France. Étudier sur les pratiques éducatives des familles de Wenzhou pourrait être une belle occasion à tester notre hypothèse. Si les résultats de notre recherche en thèse peuvent prouver cette existence de conditions minimum de réussite, nous pourrons être capables d’en expliquer les raisons et de les montrer aux parents, enseignants et à ceux qui s’intéressent aux apprentissages des élèves, tandis que l’un des objectifs est fixé par l’Éducation Nationale depuis les années 90 comme « la réussite pour tous ». Nous espérons également que notre recherche pourra nourrir trois différents domaines d’études : l’immigration chinoise, l’éducation familiale et les inégalités scolaires.
Mots-clés : l’immigration chinoise, les pratiques familiales, les inégalités scolaires
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